Interview La vie Financière P.Gas

Publié le par Kayshaman

"Notre cash disponible s'élève à 374 millions d'euros" 
 Philippe Gas, Président d'Euro Disney

 

Lundi 10 Novembre 2008 à 16:16

Le groupe de loisirs vient de renouer avec les bénéfices, mais ce redressement est hypothéqué par la crise économique qui se profile. Le nouveau président explique son plan de marche.



(La Vie Financière) - Vous avez pris vos fonctions le 1er septembre en tant que septième président d’Euro Disney, et vous arrivez à un moment charnière avec une crise en vue… Quelle est votre mission ?

Euro Disney vient de connaître trois années de croissance, plus précisément dix trimestres consécutifs de hausse de son chiffre d’affaires. Le nombre des visiteurs a dépassé 15 millions – un record historique. Le taux de revisite atteint 60 %. Résultat : le groupe est sorti du rouge fin septembre, avec un bénéfice net global de 1,7 million d’euros. Mon objectif est de continuer à améliorer ces performances. Il faut prouver que nous pouvons le faire afin de rassurer nos employés et nos actionnaires.

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Depuis le début de l’année, nous sentons le ralentissement économique et, pourtant, nous avons réalisé un bel exercice 2007-2008 avec une hausse de 5 % de la fréquentation et de 2,9 % des dépenses par visiteur. En 2008, si la clientèle espagnole augmente moins vite, tout comme la britannique, nous avons enregistré un bond de 15 % du nombre de visiteurs néerlandais et italiens. Et nous voyons toujours croître la clientèle française. Le mois d’octobre a été plutôt bon. Halloween et Noël sont deux périodes dynamiques pour nous. Nous sommes donc raisonnablement optimistes pour le trimestre en cours.

Et pour 2009 ?

Nous avons la certitude que, dans un environnement « normal », nous pouvons améliorer la fréquentation et la rentabilité. La marge d’exploitation des activités touristiques, à 5,9 % fin septembre, peut progresser. Nous nous sommes beaucoup focalisés sur nos clientèles originelles. Nous cherchons désormais à élargir notre base et nous nous tournons vers les pays de l’Est, comme la Russie et la Pologne, ainsi que vers le Moyen- Orient. Certes, il y a beaucoup d’éléments que nous ne contrôlons pas aujourd’hui, nous devons être vigilants. Sur les 15 millions estimés de touristes hébergés dans un hôtel parisien, nous n’en captons que 1,4 million. Le potentiel est important…

Avez-vous défini un plan d’actions pour faire face à une conjoncture dégradée ?

Bien sûr, car nous ne sommes pas immunisés contre une crise durable. Nous disposons de plusieurs leviers, avec d’abord des opérations de marketing et de promotion ciblées qui ont déjà fait leurs preuves. Nous pouvons aussi modifier les heures d’ouverture des parcs ou le nombre d’attractions accessibles.

Vous arrivez au terme d’une phase d’investissement de 240 millions d’euros. Avez-vous un nouveau plan de développement ?

L’attrait de nos parcs dépend de notre créativité, et notamment de notre capacité à proposer chaque année de nouvelles attractions et spectacles. C’est pourquoi nous travaillons à un deuxième volet d’investissement, mais il est trop tôt pour en dire davantage. Parallèlement, nous voudrions doubler d’ici trois ans la surface que nous consacrons aux congrès et séminaires, c’est-à-dire au tourisme d’affaires, qui ne représente encore que 6 % de nos nuitées hôtelières. Enfin, seulement la moitié de nos 1 943 hectares de terrain est exploitée.

Avez-vous les moyens de vos ambitions ?

Oui. Notre cash disponible se monte à 374 millions d’euros et notre ligne de crédit à 150 millions. Cela doit nous permettre de financer notre croissance et de rembourser notre dette de 1,9 milliard, qui est à 70 % à taux fixe. Nous avons réglé l’an dernier 61 millions d’euros. Pour 2008- 2009, les remboursements se montent à 86 millions et, d’ici à 2012, à 450 millions. Cela ne devrait pas nous poser de problème et nous respecterons nos covenants bancaires

Propos recueillis par Annie Courty
Interview parue dans la Vie Financière n°3309

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